Pourquoi et Comment Je Suis Devenu Hypnotiseur

devenir hypnotiseur J’ai toujours été fasciné par l’idée qu’on pouvait être hypnotiseur. Mais je ne pensais pas pouvoir devenir hypnotiseur et en faire mon métier. Alors comment j’en suis arrivé là ?

 

La découverte de l’hypnose

Impossible de me rappeler de la première fois où j’ai entendu le mot “Hypnose”. Comme beaucoup de monde, j’ai longtemps associé l’hypnose à ce qu’on appelle aujourd’hui l’hypnose de spectacle.

Dans mon imaginaire, l’hypnose était une technique de manipulation extrêmement puissante qui permettait à l’hypnotiseur de prendre le contrôle sur sa victime afin de lui faire faire ce qu’il voulait.

En fouillant un peu mes souvenirs, je revois un épisode de série télé où un hypnotiseur de spectacle profitait de son pouvoir pour convaincre ses victimes de voler ou même de tuer pour lui. Je me demande si ce n’était pas dans un épisode de la série Fantômette…

Etant jeune, l’idée de pouvoir faire ce que je voulais à qui je voulais était plutôt séduisante. Je m’imaginais pouvoir hypnotiser ma mère pour qu’elle me donne des bonbons, ou hypnotiser mon père pour qu’il me laisse jouer à l’ordinateur tard le soir.

Mais mon rapport à l’hypnose s’arrêtait là.

Internet n’existait pas, et il était beaucoup plus difficile de trouver des informations sur le sujet.

 

Mon intérêt plus approfondi pour l’hypnose

Ce n’est que lorsque j’ai commencé à aller à l’université que j’ai pu me renseigner davantage sur l’hypnose.

J’avais découvert le pouvoir de la lecture autour de mes 15-16 ans en lisant les livres du moine Zen Thich Nhat Hanh. C’est en lisant ses livres que j’ai découvert la méditation.

Pour la première fois, j’apprenais que je pouvais agir sur mes émotions en me concentrant sur ma respiration.

En recherchant d’autres livres du même auteur dans les librairies, j’ai commencé à découvrir le développement personnel. Il n’y avait pas que la méditation, mais d’autres livres promettaient de développer son pouvoir intérieur et d’atteindre la paix et la sérénité de l’esprit.

J’ai commencé à me rendre compte qu’on pouvait apprendre énormément à travers les livres de non-fiction. Si j’avais une question, je pouvais sans doute trouver la réponse dans un livre.

Mais je n’avais encore aucunement l’idée que je pouvais devenir hypnotiseur.

En allant à l’université, les livres me sont devenus plus familiers. J’avais plus de temps libre à passer à la bibliothèque, et c’est comme ça que je suis tombé sur mes deux premiers livres d’hypnose.

Le premier était un énorme livre de près de 1000 pages : Hypnose d’Olivier Lockert. Le deuxième était un livre plus petit et plus accessible : Auto-hypnose, Un manuel pour votre cerveau, de Kevin Finel.

Evidemment, c’était aussi l’époque où je m’intéressais aux drogues hallucinogènes de manière plutôt théorique (car mon experience s’arrêtait au cannabis). Je commençais à découvrir Carlos Castaneda et ses nombreux livres sur son expérience avec les sorciers Yaqui au Mexique.

Ces expériences me fascinaient. Je commençais à comprendre que notre expérience n’est pas limitée à ce qu’on a l’habitude de vivre.

Avec une pratique résolue et un peu d’auto-discipline, on pouvait faire l’expérience de mondes parallèles, maitriser ses rêves, rencontrer des personnes disparues, remonter dans des vies antérieures, voyager instantanément à l’autre bout du monde, avoir un aperçu du futur, etc…

L’hypnose me semblait être la discipline qui réunissait toutes les autres. En lisant le livre de l’hypnotiseur Kevin Finel, je me suis rendu compte que l’hypnose utilisait les techniques de relaxation. Et que les techniques de projection dans le monde Astral pouvait être également appelées “Auto-hypnose”.

Mais je n’avais toujours pas décidé d’être hypnotiseur.

 

Comment le cerveau fonctionne ?

Après des études de sociologie-ethnologie, je savais que je m’intéressais à l’apprentissage. Je voulais comprendre comment le cerveau apprend.

Les sciences cognitives me semblaient se rapprocher le plus de ces recherches sur le cerveau. Mais par peur sans doute, je n’ai pas osé quitter ma ville et l’université où j’allais pour une autre face dont le cursus de Sciences Cognitives m’aurait attiré.

J’ai donc choisi un cursus de Sciences de l’Education, pensant que j’allais en apprendre davantage sur la manière dont on apprend.

J’ai beaucoup appris sur la manière dont on enseigne, mais moins sur le cerveau. Et encore moins sur les états modifiés de conscience et leur relation à l’apprentissage.

Ce cursus m’a mené à passer le concours de professeur des écoles et à faire une année de stage dans l’enseignement primaire.

Cette année m’a permis de comprendre à quel point il est difficile d’enseigner à des enfants. J’ai donc moins de rancoeur à l’égard des professeurs des écoles qui font de leur mieux mais n’ont pas toujours l’accompagnement ni la formation nécessaire.

Pendant cette année, j’ai découvert la Sophrologie, et j’ai senti les effets positifs que ça pouvait m’apporter dans la gestion de mon stress et de mon énergie.

Mais il a bien fallut admettre que l’enseignement n’était pas fait pour moi. J’aime davantage les relations interpersonnelles que les relations avec un groupe.

 

Je m’oriente vers le bien-être

En parallèle de mes études, j’avais également démarré une formation de Praticien en Shiatsu traditionnel.

Le massage Shiatsu est un massage japonais qui agit sur le réseau d’énergie du corps humain comme le fait l’acupuncture. La base théorique est la même mais le Shiatsu utilise principalement des points de pressions et des étirements, contrairement à l’acupuncture qui utilise les aiguilles.

Lors de cette formation, je me suis interrogé sur le lien entre le corps et l’esprit. Et sur l’influence du praticien sur le patient.

Lors d’une séance de shiatsu, il n’est pas rare que le patient entre dans un état semi-conscient où les pensées deviennent incohérentes et s’apparentent davantage à une rêverie.

Cet état permet souvent au patient de lâcher prise mentalement autant que physiquement.

J’ai compris qu’il s’agissait d’un état de transe légère et que certaines suggestions données par le praticien pouvaient orienter l’esprit dans une nouvelle direction.

Le travail du Shiatsu m’a permis de développer ma sensibilité, et ma capacité à me mettre dans un état de synchronisation avec les personnes que j’allais masser.

J’ai appris à synchroniser ma respiration à celle du client et à me connecter avec ses besoins non-exprimés et son état émotionnel.

Par contre, certains aspects de la théorie de la médecine chinois me semblaient particulièrement complexes, et parfois tirés par les cheveux.

Il faut dire que c’est aussi au nom de la médecine traditionnelle chinoise que des milliers d’animaux en voie de disparition sont exterminés chaque année…

 

Des découvertes clés

En continuant mes lectures dans le domaine du développement personnel, je me suis rendu compte de plusieurs choses :

  1. Notre expérience est une manifestation de nos pensées.
  2. Si on veut changer notre expérience, il faut changer nos pensées.
  3. Le travail à un niveau symbolique est plus efficace que le travail au niveau logique.
  4. Nous ne sommes pas limités par notre expérience, mais par notre imagination.

Ayant décidé de ne pas poursuivre mon aventure dans l’éducation nationale, il me fallait trouver autre chose.

J’avais soif de voyages, d’expériences et d’états modifiés de conscience.

J’avais également envie d’avoir un impact sur le monde, une influence positive sur les autres.

Je voyais les acteurs vivre différentes vies à l’écran, et inspirer des millions de personnes. Et je me disais que c’était un moyen parfait pour faire passer des messages, notamment sur le thème de l’environnement.

Je trouvais aussi dommage que des personnes qui avaient ce pouvoir d’influence finissent dans la drogue et la dépression.

J’avais fait du théâtre plusieurs années auparavant. Et une des raisons pour lesquelles je m’étais lancé dans une carrière de professeur des écoles, c’est parce que c’était un peu comme faire du théâtre.

Je pensais que pour être prof il fallait un peu être acteur.

Or je ne connaissais rien au travail d’acteur. Mais je me suis vitre rendu compte que c’était totalement différent !

 

Acteur et hypnotiseur : deux métiers de la transe

J’avais donc en tête le métier d’acteur, mais pas encore celui d’hypnotiseur.

C’est en allant à Paris pour faire des études pour être acteur que j’ai pu également en savoir plus sur l’hypnose.

J’ai commencé à aller à des conférences et des ateliers sur l’hypnose. Je me suis notamment rapproché de l’Arche hypnose et de Kevin Finel. Et j’ai également participé à des cours et des stages pour apprendre l’auto-hypnose.

Lors de ses cabinets publics d’hypnose, j’ai remarque que Kevin Finel faisait souvent des parallèles entre l’hypnose et le théâtre. Rappelant que lorsqu’on regarde un film ou une pièce de théâtre, on est hypnotisé par ce qu’on voit.

On vit à travers les personnages du fil ou de la pièce une expérience nouvelle et potentiellement transformatrice.

Vous avez sans doute déjà vu un film qui vous a touché au point d’en avoir les larmes aux yeux. Et peut-être avez vous un personnage qui vous inspire et dont vous pouvez vous rappeler pour vous donner du courage.

Lors des nombreux stages que j’ai pu faire sur le métier d’acteur, j’ai toujours eu en tête l’idée que ce que j’apprenais était une forme d’hypnose.

 

Il faut 3 ingrédients essentiels pour entrer en transe :

  1. Concentrer son attention
  2. Contourner le facteur critique
  3. Stimuler l’inconscient

 

Ces 3 ingrédients sont également indispensables à un acteur qui voudrait entrer dans la peau de son personnage.

Les techniques et les exercices que j’apprenais pour devenir acteur me permettaient de me concentrer sur l’objectif de mon personnage. J’apprenais également à accepter les circonstances imaginaires de la scène et à stimuler mon imagination.

Jouer un personnage est une forme de transe, et plus l’acteur est dans sa transe, plus le spectateur aura envie de le suivre.

L’acteur est en quelque sort un hypnotiseur qui emmène le spectateur dans une histoire dont il sortira grandit.

 

Mais la vie d’un acteur ne s’arrête pas au jeu. Car les obstacles sont nombreux et détournent malheureusement très souvent l’acteur de son travail créatif.

Alors que je continuais à en apprendre davantage sur l’hypnose, je commençais à comprendre que les mots utilisés pour diriger un acteur vont influencer sa capacité à entrer dans le personnage.

Si jouer est une forme de transe hypnotique, alors pour guider un acteur il faut utiliser le même procédé que pour accompagner une personne en transe.

J’avais donc très envie de me former à l’hypnose pour mieux m’auto-guider dans la transe de l’acteur, mais aussi pour pouvoir aider les autres acteurs à trouver cet état.

J’avais également envie d’utiliser ces techniques pour aider les acteurs à surmonter leurs difficultés personnelles qui sont souvent exacerbées par l’instabilité et l’incertitude inhérente au métier.

J’y voyais également un excellent moyen de palier à mes propres incertitudes en me donnant l’assurance que je pourrais apporter de la valeur aux autres, et une plus grande stabilité financière.

Ayant toujours cherché un métier qui ait du sens et me corresponde, j’ai donc décidé de me former au métier d’hypnotiseur.

 

La formation d’hypnotiseur à l’Arche Paris.

 

J’ai choisi la formation de l’Arche car je connaissais le formateur principal et j’appréciais sa vision de l’hypnose.

La formation d’hypnotiseur (on peut aussi dire hypnothérapeute, hypnopraticien ou hypnologue) est une formation aux techniques de l’hypnose Ericksonienne.

Elle est séparée en plusieurs niveaux : Technicien en Hypnose Ericksonienne, Praticien en Hypnose Ericksonienne, et Maître Praticien en Hypnose Ericksonienne.

J’ai la chance d’avoir pu aller jusqu’au bout de la formation et obtenir le titre de Maître Praticien en Hypnose Ericksonienne.

 

La formation de technicien en Hypnose Ericksonienne

Cette formation donne les bases techniques de l’hypnose. On apprend à guider une personne dans l’état d’hypnose en dirigeant son attention et en lui faisant des suggestions.

On pratique de nombreuses inductions (c’est la technique qui permet d’amener une personne dans l’état d’hypnose) ainsi que de nombreux protocoles simples de changement (une fois que la personne est dans l’état d’hypnose, on utilise un protocole pour créer un changement durable).

C’est aussi lors de la formation de technicien qu’on met en place les bases de la relation thérapeutique, à savoir l’écoute active, la synchronisation à l’autre et l’absence de jugement.

L’hypnotiseur doit accepter la personne telle qu’elle est, tout en ayant la capacité de remettre en question ses croyances.

C’est lors de la formation de technicien en Hypnose que l’on apprend entre autres les techniques d’ancrages, les sous-modalités et le changement de croyances.

 

 

La formation de Praticien en Hypnose Ericksonienne.

Connaître les techniques de l’hypnose ne suffit pas à accompagner une personne. La formation de Praticien se concentre davantage sur la posture de l’accompagnant.

Bien sûr, il y a de nouvelles techniques qui sont amenées lors de cette formation, mais c’est surtout le rapport avec le client qui est travaillé.

L’accompagnant en hypnose doit être dans une posture humble qui questionne le rapport au monde et les croyances de la personne. Il doit donc poser le cadre de la remise en question et la remise en cause des certitudes.

C’est pourquoi, le praticien en hypnose s’efforce de questionner bien plus qu’il n’impose ses propres certitudes. En étant dans la posture où chaque croyance peut être discutée, il amène également le client à se questionner sur ses propres croyances.

 

La formation de Maître Praticien en Hypnose

Cette formation a quelque chose de spéciale car elle vient souvent à la fin d’un parcours long et plein de remises en questions.

Quand on devient hypnotiseur, cela n’arrive pas du jour au lendemain. On se rend compte lors de cette formation que les autres praticiens en hypnose ont également leurs questionnements et leurs doutes.

Le métier d’hypnotiseur est un métier humain fait de vulnérabilité, de partages sincères, de doutes également.

Chaque praticien en hypnose que j’ai rencontré lors de cette formation avait ce désir profond d’aider les autres, et également le questionnement permanent : suis-je à la hauteur de cette tâche ?

Et je pense que c’est sain d’avoir ce questionnement, même s’il est inconfortable, même s’il génère parfois un syndrome de l’imposteur, même s’il fait procrastiner au lancement de son activité.

Cette formation de Maître Praticien en groupe plus réduit est l’occasion de se rencontrer et de se connaître les uns les autres en explorant les techniques plus avancées de l’hypnose.

 

 

Après cette formation d’hypnotiseur à l’Arche Paris, j’ai commencé à exercer avec les acteurs de mon entourage, puis avec d’autres clients venus par internet.

C’est peut-être de cette manière que vous m’avez découvert. Aujourd’hui, mon parcours continue. Après deux ans à exercer à Ho Chi Minh Ville au Vietnam, je m’apprête à revenir en France pour ouvrir mon cabinet d’hypnose à Marseille…

 

 

 

 

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